LE GRAND GASPILLAGE !
De « Contrex votre partenaire minceur », à « l’éclat du teint de Vichy Célestins », nos chères bouteilles rivalisent de slogans alléchants pour nous mettre l’eau à la bouche. Et ça marche !

Depuis l’invention de la bouteille plastique en 1968, le marché de la
bouteille d’eau est un marché florissant
pour les géants de l’agroalimentaire. La France est le deuxième consommateur d’Europe après l’Italie, avec 130 litres d’eau embouteillée consommée par habitant et par an.

Le pétrole, matière première en cours d’épuisement, est ainsi utilisé pour la fabrication de bouteilles en plastique de façon non renouvelable et surtout non durable. L’eau en bouteille plastique n’est pas indispensable ! Et seule une réduction drastique de la production et de la consommation d’eau en bouteille aura un impact réel !
Or ces déchets partent en incinération, process qui produit des émanations toxiques et des cendres contenant des métaux lourds ; de nouvelles études montrent la relation entre la survenue de cancers et le rejet de dioxines par incinération. La mise en décharge des bouteilles, quant à elle, "offre" une survie aux matières plastiques allant jusqu'à 1000 ans avant biodégradation totale.
Encore plus étonnant, sur les 7 milliards de bouteilles produites, 1 bouteille sur 2 sera effectivement recyclée, laissant aux fours des incinérateurs et aux décharges le soin de « valoriser » leur matière. Une faible communication, et une absence d' incitation financière au tri sélectif (comme le serait par exemple la pesée embarquée) contribue aux faibles taux de recyclage pour le plastique (15 à 17%).
Dans le même temps, la consommation d’eau au robinet baisse. Pourtant l'eau minérale ou de source est de qualité comparable à celle de l'eau du robinet. Elle coûte jusqu'à 10.000 fois plus cher, si l'on tient compte de l'énergie utilisée pour la mise en bouteille, les livraisons et l'éventuel recyclage des contenants.

Un litre d’eau minérale revient en France au même prix que le mètre cube d’eau de la ville. Et on en arrive au paradoxe que les vendeurs d’eau minérale vendent au prix du médicament un liquide qui ne leur a donné que le mal de le capter et de l’embouteiller, tandis que les distributeurs d’eau au robinet s’échinent à fabriquer industriellement de l’eau potable vendue bon marché.